Monnaies lorraines Collection Edgar WENDLING & Joële LE BORGNE de LAVILLANDRé / Retour au Sommaire:

http://www.celtic-coin-agora.com/SommaireMon.htm

 

Monnaies de l'atelier monétaire de Metz

intentionnellement "défigurées"

[1719 – 1799 AD]

 

Par "défigurées", nous entendons: regravées ou rognées ou modifiées par martelage ou excavées au tour ou dentelées.

 

001

Sol de Louis XV  au buste enfantin 1719 AA, "lèse-majesté" à Avers regravé

Cuivre

10,83 g

32,6 mm (Il s'agit donc d'un exemplaire de type "grand module" [31,1 – 33,1 mm] propre à l'atelier de Metz en 1719. Rappelons que pour 1719 AA, il existe aussi des sols "normaux" de module 28,7 – 29,7 mm)

Avers:

 : "Hermine", différent de Pierre Pantaléon, le graveur de la Monnaie de Metz.

Le nez de Louis XV, regravé, a pris l'aspect de celui de Cyrano de Bergerac! 

Revers:

  (Vestiges devant  E T ) 1 7 1 9 A A

"Gonfanon à 3 annelets": différent de Laurent BAROT, directeur de la Monnaie de Metz

 

 

Etat de conservation: B

 

Prix de réserve:

 

002

Sol de Louis XV  au buste enfantin 1719 AA

Tranche martelée

Cuivre

10,73 g

31,1 mm (Grand module)

Avers:

L' "Hermine" a disparu suite au frai

Revers:

Différent "Gonfanon"     devant R E X · 1 7 1 9

 

 

Etat de conservation: B

 

Prix de réserve:

 

003

Louis d'or au buste nu 1786 AA (1er semestre), rogné sur tout son pourtour

Au

6,690 g (Poids théorique: 7,649 g, soit un manque de poids de 12,5%)

22,2 mm (Diamètre théorique: 24 mm)

Avers:

 : Grenade allumée, différent de Jean-François Leclerc, directeur de la Monnaie de Metz.

Dans la légende, une faute remarquable:

N V A  au lieu de  N A V    

Revers:

 1786 AA

"Hermine": différent de Charles-Augustin Pantaléon, le graveur de la Monnaie de Metz.

 

Il s'agit d'un louis authentique qui a été rogné sur tout son pourtour par un filou qui prit soin de reconstituer plus ou moins maladroitement la tranche chaînée.

Un 2ème  exemplaire, lui non rogné, comportant la même faute remarquable de légende figure dans notre collection (cf. chapitre "Louis XVI (Monarchie absolue)" N°051).

                       

 

Etat de conservation: TTB +

 

Prix de réserve:

 

004

2 sols, dit "au faisceau", type  F R A N Ç O I S  1792 AA, à Avers regravé

Bronze

25,14 g (Poids théorique: 22 à 25 g. Cet exemplaire de 2 sols avait donc à l'origine un poids particulièrement élevé puisqu, même dans son état d'usure actuel, il pèse encore 25,14 g!!) )

32,5 mm / Epaisseur: 3,8 mm

Avers:

  1 7 9 2 ·AA·

"Grenade allumée couchée": différent de Jean-François Leclerc, le directeur de la Monnaie de Metz.             

Une femme assise au bord d'un ruisseau, tenant une fleur devant un arbre, assise sur un pot de chambre, a été gravée sur le portrait de Louis XVI.

Revers:

L' A N  4  D E  L A  L I B E R TÉ

 

 

Référence:

VSO CGF N°XI, 21/1/2002, N°1412 (Cet exemplaire-ci), estimé 1.000/2.000 EURO, vendu

 

Etat de conservation:  TB pour la 2 sols et SUP pour la gravure

 

Prix de réserve:

 

005

1 décime de l'An [illisible] AA, avec tranche martelée puis dentelée

Bronze

19,88 g (Poids théorique: 20,00 g....poids curieux compte tenu de la dentelure!!)

28,3 mm (Diamètre théorique: 32 mm) / Epaisseur: 5,6 mm

Tranche martelée puis dentelée pour servir de palet??

La légende d'Avers est devenue complètement illisible.

Les inscriptions du Revers n'ont plus aucun relief [cependant le casque   , différent de Jean-François Leclerc, le directeur de la Monnaie de Metz, et la lettre d'atelier  AA  restent lisibles]:

ce décime semble donc avoir été aplati à la presse avant le martelage de la tranche.

 

 

Etat de conservation: B

 

Prix de réserve:

 

006

1 décime de l'An 8 (1799 – 1800) AA, avec tranche martelée

Bronze

18,38 g (poids théorique: 20,00 g)

29,5 mm (Diamètre théorique: 32 mm) / Epaisseur: 3,7 mm

Avers:

Légende quasiment totalement défigurée suite au martelage de la tranche.

Décime à tranche martelée pour servir de palet??

Revers:

U N

D É C I M E ·

*  L ' A N  8 ·

AA

A A

"Archer": différent d'Augustin Dupré, le graveur général.

"Casque": différent de Jean-François Leclerc, le directeur de la Monnaie de Metz.

 

 

Etat de conservation: TTB –

 

Prix de réserve:

 

007

1 décime de l'An 8 (1799 – 1800) AA dont le pourtour a été dentelé pour servir de ??

Bronze

15,47 g (Poids théorique: 20,00 g)

31,0 mm

Avers:

R E P U B L I Q U E  //  F R A N Ç A I S E

Revers:

/U N \

D É C I M E ·

  L ' A N  8 ·

A˙A

Archer: Augustin Dupré, graveur général

Casque: Jean-François Leclerc, directeur de la Monnaie de Metz

2 segments de droite obliques encadrent de manière non symétrique le  U N  (Inédit).

Notez le point entre les 2 lettres A (Ce "AA pointé" semble inédit).

 

 

 

Références:

Gadoury, 1989,  N°187a (Variété avec  A˙A  non signalée)

Leconte, Bréviaire 1993, N°60 (Variété avec  A˙A  non signalée)

 

Etat de conservation:l TTB

 

Prix de réserve:

 

008

1 décime de l'An 8 (1799 – 1800) AA transformé en "Pièce de forçat" alias "Pièce à secret"

Bronze

15,19 g (Poids théorique: 20,00 g)

31,0 mm / Epaisseur: 4,0 mm

Avers:

R E P U B L I Q U E  //  F R A N Ç A I S E

Revers:

U N

D É C I M E ·

  L ' A N  8 ·

A A

"Archer": Augustin Dupré, graveur général.

"Casque": Jean-François Leclerc, directeur de la Monnaie de Metz.

 

Cette pièce de 1 décime a été astucieusement scindée en deux puis évidée pour être transformés en 2 moitiés de boîte.

Victor Hugo en parle en détail dans " Les Misérables":

"L'enquête judiciaire à laquelle le guet-apens de la masure Corbeau donna lieu par la suite, a constaté qu'un gros sou, coupé et travaillé d'une façon particulière, fut trouvé dans le galetas, quand la police y fit une descente; ce gros sou était une de ces merveilles d'industrie que la patience du bagne engendre dans les ténèbres et pour les ténèbres, merveilles qui ne sont autre chose que des instruments d'évasion. Ces produits hideux et délicats d'un art prodigieux sont dans la bijouterie ce que les métaphores de l'argot sont dans la poésie. Il y a des Benvenuto Cellini au bagne, de même que dans la langue il y a des Villon. Le malheureux qui aspire à la délivrance trouve moyen, quelquefois sans outils, avec un eustache, avec un vieux couteau, de scier un sou en deux lames minces, de creuser ces deux lames sans toucher aux empreintes monétaires, et de pratiquer un pas de vis sur la tranche du sou de manière à faire adhérer les lames de nouveau. Cela se visse et se dévisse à volonté; c'est une boîte. Dans cette boîte,  on cache un ressort de montre, et ce ressort de montre bien manié coupe des manilles de calibre et des barreaux de fer. On croit que ce malheureux forçat ne possède qu'un sou; point, il possède la liberté. C'est un gros sou de ce genre qui, dans des perquisitions de police ultérieures, fut trouvé ouvert et en deux morceaux dans le bouge sous le grabat près de la fenêtre. On découvrit également une petite scie en acier bleu qui pouvait se cacher dans le gros sou. Il est probable qu'au moment où les bandits fouillèrent le prisonnier, il avait sur lui ce gros sou qu'il réussit à cacher  dans sa main, et  qu'ensuite, ayant la main droite libre, il le dévissa, et se servit de la scie pour couper les cordes qui l'attachaient, ce qui expliquerait le bruit léger et les mouvements imperceptibles que Marins avait remarqués".

Pour l'exemplaire présent, ces 2 demi-boîtes se ferment par simple pression. Nous possédions dans notre collection un second exemplaire de ce genre, également de l'An 8 AA, dont les 2 demi-boîtes, grâce à un très fin filetage, se vissaient l'une à l'autre.

Selon une autre version, il était strictement interdit aux bagnards des bagnes de Toulon, Brest, Rochefort ou Cayenne de posséder des pièces d'or. Un tel "décime-coffre-fort" permettait de cacher une pièce d'or.

Ces "décimes à secret" ne purent servir que du 24/10/1796, date de création du type, au 1/10/1756, date de son retrait. 

 

Ci-dessus, les photos des extérieurs et intérieurs.

 

Références:

Hugo (Victor) – "Les Misérables" 3ème partie, livre 8ème, chapitre XX: "Le guet-apens" p.427 - 428

VSO Defranoux N°20, Strasbourg 31 / 7 / 1984, N°926

Wendling (Edgar) - Monnaies de nécessité...... de Moselle, Châtel-Saint-Germain 1988, N°921, coté 1800 Francs soit 390 EURO de 2006

Numismatique & Change N°207, juin 1991, p.33

Numismatique & Change N°208, juillet-août 1991, photo de couverture

Numismatique & Change N°240, juin 1994, p.46

Numismatique & Change N°241, juillet-août 1994, p.24-25

 

Etat de conservation: de la pièce: presque TTB / de la "boîte": SUP

 

Prix de réserve:

 

009

Un décime de l'An 8 (1799 – 1800) AA au buste de Bonaparte

Bronze

18,94g (Poids théorique: 20,00 g)

32,0 mm

Avers:

R E P U B L I Q U E  //  F R A N Ç A I S E

L' Avers a été regravé:

le buste de la République (en fait celui de Madame Récamier) a été modifié à l'outil, probablement dans les années 1799 – 1804, pour être remplacé par celui de Bonaparte.

Chabert, un collectionneur messin, n'était pas de cet avis: il pensait que l'exemplaire se trouvant dans  sa collection en 1862-1863, était le seul exemplaire connu et qu'il s'agissait d'un essai frappé, preuve "qu'en l'An VIII des tentatives furent faites dans le but de substituer définitivement sur les monnaies ayant cours, à la tête de la République, l'effigie du général Bonaparte".

Sous la photo de notre exemplaire, nous ajoutons, à titre comparatif, le dessin fidèle de son exemplaire publié par Chabert: le centre du champ du Revers de l' exemplaire Chabert était parfaitement lisible et portait le mot décime bizarrement orthographié avec une cédille:

D É Ç I M E

De Mey & Poindessault citent une pièce similaire mentionnée dans le catalogue de l'Exposition du Centenaire de la mort de Napoléon  exposition à Bruxelles en 1921: "Il existe un double sol (alias décime) au différent de l'atelier de Metz, au buste de Bonaparte vu de profil en tenue de général, signé du graveur Tiolier (en fonction uniquement à partir de l'An 11???) et au millésime de l'An 8". D'après renseignement obtenu en 1979 du Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Royale Albert 1er, "cette citation a été puisée dans la littérature....... et ne se rapporte pas à une pièce qui figurait à l'exposition".

Revers:

U N

D [E C I] M E ·

  L ' A N  8 ·

A A

"Archer": Augustin Dupré, graveur général.

"Casque": Jean-François Leclerc, directeur de la Monnaie de Metz.

 

 

Références:

Chabert (F.–M.) – "Pièce d'essai de l'An VIII à l'effigie du général Bonaparte" in  Mémoires de l'Académie Impériale de Metz,1862-63, p.133-134

Catalogue des Monnaies & Médailles de la Bibliothèque Royale de Belgique  exposées à l'occasion du Centenaire de la mort de Napoléon, Bruxelles, 4/5 – 4/11/1921

De Mey (Jean-René) & Poindessault (Bernard) – Répertoire de la numismatique française contemporaine de 1793 à nos jours, Bruxelles-Paris, 1976, p.67

Wendling (Edgar) – "Bizarreries de l'atelier AA" in Numismatique & Change N°251, Juin 1995, p.19

 

Etat de conservation:

du décime: TTB / TB

de la gravure: SUP

 

Prix de réserve:

 

010

5 centimes de  l'An 8 (1799 – 1800) AA au buste de Bonaparte

Bronze

8,50 g (Poids théorique: 10,00 g)

28,1 mm

Avers:

R E P U B L I Q U E  //  F R A N Ç A I S E

L' Avers a été regravé: le buste de la République (en fait celui de Madame Récamier) a été remplacé dans les années 1799 - 1804 par celui de Bonaparte.

Revers:

C I N Q

C E N T I M E S ·

L ' A N  8 ·

       

A A

"Archer": Augustin Dupré, graveur général.

"Casque": Jean-François Leclerc, directeur de la Monnaie de Metz.

 

 

Etat de conservation:

de la cinq centimes: TB / TTB -

de la gravure: SUP

 

Prix de réserve: