Monnaies lorraines Collection Edgar WENDLING & Joële LE BORGNE de LAVILLANDRé / Retour au Sommaire:

http://www.celtic-coin-agora.com/SommaireMon.htm

 

Ecus de l'atelier de Metz contremarqués "40 Batzen" dans le Canton de Berne

[1816 – 1819 AD]

 

Le Gouvernement du Canton de Berne décida le 02/07/1816 de munir tous les écus français de poids supérieur ou égal à 545 grains français soit un poids supérieur ou égal à 28,947 g, d'une contremarque "40 Batzen". De la sorte, ces "Nouveaux talers français" devenaient les équivalents des "Nouveaux talers bernois" valant 4 francs alias 40 Batzen.  Le Canton de Berne contremarqua du 2/7/1816 jusque  courant 1819. Ces écus contremarqués ne furent retirés de la circulation qu'à l'occasion de la réforme monétaire suisse de 1851/1852.

En fait, la contremarque bernoise est double:

¤ un "ours de Berne" à l'Avers

¤ "40   BZ"  (= 40 Batzen), en 2 lignes, au Revers

 

 

En plus de ces 2 contremarques, les tranches de ces écus français, portant la devise en relief DOMINE SALVUM FAC REGEM, subirent un refoulement, un moletage de façon à remplacer cette devise par une frise de feuilles de lauriers. Ce moletage eut pour conséquence de repousser les listels jusqu'à constituer des bourrelets à la périphérie de ces écus.

Meier et d'autres numismates de langue allemande désignent ces écus contremarqués  sous le nom de "Französische Laubtaler" ou "Französische Loorbeertaler" c'est-à-dire "Ecus français au feuillage" ou "Ecus français aux lauriers". Ce "feuillage", ces "lauriers", visent-t-ils les branches de laurier ou d'olivier du Revers de la plupart de ces écus? Nous ne pensons pas puisqu'il existe des écus constitutionnels "non feuillus" de 1793 contremarqués. A notre avis, ce "feuillage", ces lauriers  visent plutôt la tranche feuillue apposée à Berne.

 

Berne contremarqua de la sorte, entre 1816 et 1819,

660.000 écus français des années 1726 à 1793.

Selon l'étude de Meier, il n'en subsiste de nos jours, tous millésimes et ateliers monétaires français confondus, qu'un peu plus de

534 exemplaires dont

185 "bloqués" dans des collections publiques.

 

Pour l'atelier de Metz, Meier ne recense en 1979, en tout et pour tout, que 4 exemplaires contremarqués:

1751 AA, 1752 AA, 1789 AA et 1790 AA !!

 

001

Ecu au bandeau 1751 AA portant la contremarque 40 Batzen de Berne

Ag 28,44 g (Cet écu devant peser plus de 28,947 g au moment de son contremarquage à Berne circula encore bien longtemps en Suisse!)

39,8 mm

Avers:

Légende usuelle partiellement illisible en raison du moletage ayant repoussé le listel jusqu'à constituer un bourrelet périphérique.

  sous le buste: différent de Nicolas Blaize, directeur de la Monnaie de Metz.

Revers:

Pour la légende, même remarque que pour celle d'Avers.

  précédant le millésime 1751: différent de Charles-Augustin Pantaléon, graveur de la Monnaie de Metz.

Au bas du Revers, la lettre d'atelier AA.

 

                

 

Référence:

Vente Berthold, Baudey, Pesce & Poinsignon, Paris, 22-23/6/1983, N°835 (Cet exemplaire-ci)

 

Survivance:

L'écu non contremarqué 1751 AA dont notre collection contient un exemplaire (cf. chapitre Louis XV N°132), est déjà rarissime par lui-même puisque Sobin ne recense, entre 1850 et 1974, que 2 exemplaires 1751 AA contre 2.530 exemplaires d'écus au bandeau pour tous ateliers et millésimes réunis!

D'après Meier, il ne subsiste, pour  tous les millésimes et ateliers monétaires français confondus, qu'un peu plus de 120 écus au bandeau contremarqués parmi lesquels un seul exemplaire 1751 AA.

Cet exemplaire contremarqué 1751 AA est donc probablement unique!

 

Cote:

 Wendling (Monnaies de nécessité....de Moselle) 1988, N°915 (Cet exemplaire-ci), coté 9.000 Francs soit 1.950 EURO de 2006

 

Etat de conservation:

pour l'écu: TTB - / TB

pour la contremarque: SUP

 

Prix de réserve: 2.000 EURO

 

002

Ecu au bandeau 1752 AA portant la contremarque 40 Batzen de Berne

Ag 29,07 g

39,6 mm

Avers:

Légende usuelle partiellement illisible en raison du moletage ayant repoussé le listel jusqu'à constituer un bourrelet périphérique.

  sous le buste: différent de Nicolas Blaise, directeur de la Monnaie de Metz.

Revers:

Pour la légende, même remarque que pour celle d'Avers.

  précédant le millésime 1752: différent de Charles-Augustin Pantaléon, graveur de la Monnaie de Metz.

Au bas du Revers, la letttre d'atelier AA.

 

              

 

Survivance:

L'écu non contremarqué 1752 AA dont notre collection contient un exemplaire (cf. chapitre Louis XV N°133), est déjà rarissime par lui-même puisque Sobin ne recense,  entre 1850 et 1974, qu'un seul exemplaire 1752 AA contre 2.530 exemplaires d'écus au bandeau pour tous ateliers et millésimes réunis! 

D'après Meier, il ne subsiste, pour  tous les millésimes et ateliers monétaires français confondus, qu'un peu plus de 120 écus au bandeau contremarqués parmi lesquels un seul exemplaire 1752 AA.

Cet exemplaire contremarqué 1752 AA est donc probablement unique!

 

Cote:

Wendling (Monnaies de nécessité....de Moselle) 1988, N°916 (Cet exemplaire-ci), coté 9.000 Francs soit 1.950 EURO de 2006

 

Etat de conservation:

pour l'écu: TTB

pour la contremarque: SUP

 

Prix de réserve: 2.500 EURO

 

003

Ecu constitutionnel 1793 AA (1er semestre), l'An 5 de la Liberté, portant la contremarque 40 Batzen de Berne

Ag 29,17 g

37,9 mm

Avers:

Légende usuelle partiellement illisible en raison du moletage ayant repoussé le listel jusqu'à constituer un bourrelet périphérique.

  sous le buste et au-dessus du millésime 1793: différent de Jean-François Leclerc, directeur de la Monnaie de Metz.

Revers:

Pour la légende, même remarque que pour celle d'Avers.

  à gauche du faisceau: différent de Charles-Augustin Pantaléon, graveur de la Monnaie de Metz.

A droite du coq,  AA  , la lettre d'atelier de la Monnaie de Metz.

 

               

 

Références:

Auktion Dieter Gorny, März oder Mai 1977, N°1264 (Cet exemplaire-ci)

Perry, Montpelier (Virginie, USA), List 100, April 1997, N°20 (Cet exemplaire-ci

 

Survivance:

L'écu non contremarqué 1793 AA [1er semestre] dont notre collection contient un exemplaire (cf. chapitre Louis XVI [Monarchie constitutionnelle] N°003), est déjà rare par

lui-même puisque Sobin ne recense, entre 1850 et 1974, que 13 exemplaires 1793 AA [1er semestre]  contre 1.717 exemplaires d'écus constitutionnels pour tous ateliers et millésimes réunis!

Aucun exemplaire contremarqué à Metz n'a été recensé par Meier en 1979.

Cet exemplaire contremarqué 1793 AA [1er semestre] est donc probablement unique!

 

Etat de conservation:

pour l'écu: TTB +

pour la contremarque: SUP

 

Prix de réserve: 2.500 EURO

 

B I B L I O G R A P H I E

 

Meier (Albert) – "Französische Laubtaler mit Berner und Waadtländer Gegenstempel" in Helvetische Münzenzeitung, Nr.5, Mai 1979, S.197 - 210

 

Wendling (Edgar) - Monnaies de nécessité......de Moselle, Châtel-Saint-Germain 1988, p.90f

 

Thilliez (Jacques) – "Les écus français de 6 livres contremarqués en Suisse" in Numismatique & Change, N°332, Novembre 2002, p.35 - 37