Edgar WENDLING
& Joële LE BORGNE de LAVILLANDRé
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Edgar WENDLING & Joële LE BORGNE de LAVILLANDRé 2004
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¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤
¤ Techniques de fabrication des potins
alias des monnaies celtiques coulées
¤
Herstellungsverfahren der keltischen gegossenen Münzen, auch
"Potinmünzen" genannt
¤ The celtic cast
coinage (potins): manufacturing method
XLI / I
Potin? Objet monétiforme ou alliage?
Le mot
"Potin" a 2 sens dans la numismatique celtique actuelle: il désigne
tout à la fois une monnaie celtique coulée et l'alliage qui servit à la coulée.
Il s'agit de pièces
d'un "physique peu avantageux".
Sur les pièces
coulées, le type est toujours intégralement reproduit, étant donné qu'en raison
de la technique utilisée , aucune excentration n'est possible (ce n'est pas
tout à fait exact, puisque l'on rencontre de rares potins excentrés!),
contrairement à ce que l'on observe fréquemment pour les pièces frappées. Pour
la même raison, on ne trouve évidemment jamais d'éclatements marginaux.
En 1762 AD, de CAYLUS
fit analyser des potins par QUEVANNE, essayeur général des Monnaies de France.
QUEVANNE fondit ensemble un nombre inconnu de "potins au personnage
accroupi, au bucrane, au guerrier tenant un torque et une lance, des potins au
sanglier des Leuci, des potins des Senones et des Carnutes", en somme tous
les Types de potins que de CAYLUS publia par la suite dans son Recueil
d'Antiq., t. VI, 1764 AD, p. 331.
En utilisant une
méthode d'analyse "par voie ignée" (coupellation) alors d'un usage
courant dans les Monnaies du Royaume, QUEVANNE parvint à la composition
suivante:
Cu "6 parties" c'est-à-dire 67%
Sn "1 partie" c'est-à-dire 11%
Pb "2 parties" c'est-à-dire 22%
Les analyses
postérieures n'ont conduit que très exceptionnellement à une teneur
[irrégulière certes d'un Type de potin à l'autre] si élevée en plomb!
Cette observation
prouve que la "voie ignée" était inadaptée pour réaliser ce genre
d'analyse chimique. Cette "voie ignée" fut universellement utilisée
dans toutes les Monnaies du Royaume pour déterminer les titres en or et en
argent des monnaies jusqu'à ce que GAY-LUSSAC mit au point la "voie
humide" qui prouva dans les années 1800 / 1805 AD, que toutes les monnaies
royales étaient sous-titrées et que la "voie ignée" était à proscrire
totalement.
En quoi consiste la
"voie humide"? Comme la "voie ignée", la "voie
humide" est une méthode destructive consistant à dissoudre la monnaie dans
un acide approprié puis à faire
l'analyse chimique de la solution par un procédé purement chimique.
DéCHELETTE, en 1899
AD (RN 1899 AD, p. 169-172 & ABT p.43) fit procéder à des analyse de
bronzes frappés (LT 5086 et 5093) et de potins coulés (LT 2935, 4628, 5253,
5368 et 5401) provenant du Mont Beuvray (Nièvre). Les résultats obtenus sont
fiables parce qu'ils donnent une idée exacte des teneurs moyennes en métaux des
monnaies "dans leur globalité":
La monnaie, frappée
ou coulée consiste en une "âme" de la pièce recouverte d'une patine
superficielle et d'une corrosion superficielle.
Patine et corrosion
étant négligeables devant l' "âme", les résultats d'analyse se
trouvent très peu faussés.
Les résultats de ces
analyses eurent de quoi surprendre DéCHELETTE:
# Bronzes frappés:
Cu 75 – 82% / Sn 18 –
26%
# Potins coulés:
Cu 68 – 83% / Sn 17 –
32% correspondant à des températures de fusion de ca 925 à 750° Celsius
Rappel:
Bronzes de
fonderie usuels actuels: Sn 4-13 %
Bronzes de cloche:
Sn 20-25 %, donc un alliage de même teneur en Sn que les potins.
En somme, l'alliage
utilisé pour les bronzes frappés et les potins coulés était quasiment le même!
On pourrait donc tout
aussi bien parler
# non de potins
coulés mais de bronzes coulés
# non de bronzes
frappés mais de potins frappés!
Par ailleurs, ces
analyses révèlent des écarts notoires entre les teneurs extrêmes.
DéCHELETTE conclut:
"Pour rechercher dans quelle mesure ces variations peuvent être fortuites
ou au contraire intentionnelles, il est évident que l'on devrait , au
préalable, multiplier les essais et analyser un nombre notable d'exemplaires de
chaque Type" de potins. L'idée était bonne mais la manière dont elle fut
appliquée, déplorable. Selon DéCHELETTE, "il semble que (tant pour les
bronzes frappés que pour les potins coulés) le rapport simple de 4 parties
de cuivre et d'une partie d'étain ait été l'objectif des monnayeurs"
c'est-à-dire
# Cu 80% / Sn 20%
(Température de fusion: 890° Celsius)
Rappel: Cu 1084°
Celsius / Sn 232° Celsius
Rappelons, à titre
comparatif, que la composition la plus ordinaire du bronze non monétaire
correspond à
¤ Cu 90% / Sn 10%
(Température de fusion: 1005° Celsius)
Pour passer du bronze
non monétaire à du bronze monétaire alias du potin monétaire, on a, en gros,
augmenté la teneur en étain de 10 à 20%.
QUEVANNE conclut:
"Ces métaux étain & plomb (Sn & Pb) joints au cuivre, en
détruisent la ductilité, ce qui fait que les potins n'ont pu être fabriqués que
par le moule".
DéCHELETTE conclut:
"L'addition d'étain a pour effet
d'augmenter la dureté de l'alliage et de faciliter sa fusion".
En augmentant la
teneur en étain, l'alliage devient donc plus fusible c'est-à-dire plus
approprié à la fabrication de potins coulés mais, à l'évidence, moins approprié
à la fabrication de bronzes frappés puisque ductilité et dureté augmentent.
Entre 1899 et ca 1985
AD, on ne procéda quasiment à aucune analyse de potins.
Durant ce laps de
temps, les "vieux chimistes" qui savaient "manier la voie
humide", disparurent avec le déclin de la Chimie alors appelée
"Chimie Minérale" et à présent
"Chimie Inorganique".
A partir de ca 1985
AD, la "voie humide"
[analyses de solutions par voie purement chimique], ne furent plus "tendance" (comme l'ont dit
si joliment de nos jours)!
Le "must"
depuis ca 1985 AD est une méthode
nucléaire non destructive [cf. BEAUCHESNE & BARRANDON – Méthode
d'analyse globale et non destructive du Cu et de ses alliages par activation
avec des neutrons rapides de cyclotron in Revue d'Archéométrie, 10, 1986 AD,
p.75-85].
Elle fut utilisée par
exemple par GEISER & BARRANDON [cf. Gallia 52, 1995 AD, p.23-26] pour
l'analyse de potins dits "à la grosse tête": "cette méthode
permet une analyse globale (?) et non destructive; par simple spectrométrie, ce
sont 10 éléments (Cu, Sn, Pb, Sb, As, Ni, Fe, Ag, Au, Zn) qui sont ainsi dosés
jusqu'à l'échelle du ppm. Les résultats obtenus, aux dires de GEISER &
BARRANDON, "montrent la pertinence de la méthode....: en effet, des pièces
de même Type mais de provenances différentes, donc de modes de conservation
très différents, donnent des résultats identiques". GEISER & BARRANDON
laissent donc entendre que "patine & corrosion superficielles"
auraient pu fausser les analyses. A notre connaissance, l'analyse d'une pièce
par cette méthode se fait en un point précis de l'Avers ou du Revers et sur une
épaisseur de quelques microns seulement. C'est donc principalement les
"patine & corrosion superficielles" qui sont analysés au
détriment de l' "âme" de la pièce. Avers et Revers d'une seule et
même pièce peuvent donc conduire à des analyses différentes.
On comprend dès lors
pourquoi BURKHARDT, STERN & HELMIG (Keltische Münzen aus Basel /
Numismatische und metallanalytische Untersuchungen, Basel 1994 AD, p.127-139
& p.211-225) en publiant les analyses des très nombreuses monnaies
celtiques du Musée Historique de Bâle (HMB = Historisches Museum Basel)
proposent le plus sérieusement du monde (cela semble un canular de prime
abord!) des analyses différentes pour les Avers et Revers d'une même pièce....non
seulement différentes mais très souvent aussi divergentes! Ainsi la (même)
pièce N° 335 de la p. 215 a un titre en Cu de 68% à l'Avers et de 42% au
Revers! Un écart de 26%....rien que cela!
En somme, cette
méthode nucléaire est valable pour les alliages modernes homogènes, ni patinés
ni corrodés, mais elle est aussi inadaptée pour analyser les pièces anciennes
inhomogènes, patinées et corrodées, que ne l'est le double décimètre pour
mesurer de manière rigoureuse la distance entre Metz et Strasbourg!
Au Chapitre XLII,
nous donnons les analyses proposées pour les divers Types de potins si elles
sont connues: force est de constater qu'il y règne une certaine
cacophonie....peut-être due à l'utilisation de cette méthode, moderne certes
mais inadaptée.
Selon GRUEL (La
monnaie chez les Gaulois, 1989 AD, p. 148),
XLI
/ II
Moules
isolés bivalves en pierres diverses
Des
moules bivalves en pierres diverses [ardoise, caillou fruste, calcaire,
calcaire sub-lithographique, grès, molasse alias grès molassique, pierre
calcaire, pierre de grain très fin, pierre de grès noir, pierre ollaire, pierre
schisteuse, pierre tendre, rognon de pierre dure, schiste ardoisier
relativement tendre, schiste bitumineux, schiste de Nozay (Loire-Atlantique) ,
schiste briovérien, schiste très compact, serpentine, stéatite (Speckstein)]
destinés à la fabrication de petits objets monétiformes, entre autres des
#
rouelles [si souvent assimilées à tort à des "pré-monnaies" celtes].
Nous avons recensé et dessiné ces moules à rouelles qui furent en usage de ca
1850 BC (avant J-C) à ca 1900 AD (après J-C), dans nos 2 CD intitulés:
E. & J. WENDLING
– Roues & rouelles à rayons, 1ère partie: fig. 0001 à 2459 et 2ème
partie: fig. 2460 à 4725, Châtel-Saint-Germain, 2003 (Voir Chapitre 219, fig.
3653, 3656 à 3661, 3667 à 3672, 3674, 3675, 3822, 3825, 3826, 3828 à 3830).
#
fusaïoles [si souvent assimilées à tort à des "pré-monnaies" celtes].
Nous avons recensé et dessiné ces moules à fusaïoles qui furent en usage en ca
1800-1900 AD, dans notre CD intitulé:
E. &
J. Wendling – Anneaux, fusaïoles, perles et disques, CD, 2400 figures,
Châtel-Saint-Germain 2002 (Voir Chapitre 72, fig. 1907 à 1913, 1916 à 1920,
1922, 1923, 1926 & 1927)
Signalons un passage de Pline l'Ancien (Histoire Naturelle, Lib. XXXIV,
cap. 8 [ca 23-79 AD]): "Quantum ea res differentiae afferat, in Gallia
maxime sentitur, ubi inter lapides candefactos funditur". Il prouve qu'en
Gaule, le métal fondu était versé dans le moule en pierre préalablement
chauffé.
¤ EJW …..
Parenteau – Notice
sur un atelier de fondeur gallo-romain du 1er siècle après J-C,
découvert à Rezé (Loire-Atlantique in Mémoires présentés au Congrès archéologique
de France, 1864, p. 253-258 alias
Parenteau- Inventaire
archéologique du Musée de Nantes, 1878, pl. 13 / 8 alias
E. & J. WENDLING
– Roues & rouelles à rayons, Châtel-Saint-Germain, 2003, 2ème
partie: Chapitre 219, fig. 3672
Schiste très compact
Ca 1-100 AD
L'une des valves [60
x 50 mm] d'un moule bivalve destiné à la coulée de 5 rouelles à 4 rais de 11 mm
de diamètre. Noter l'entonnoir de coulée au haut des
valves.
Provenance: un
atelier de fondeur gallo-romain à Rezé (Loire-Attlantique)
Conservée au Musée
Dobrée à Nantes (Inv. N°56.6068)
¤ EJW …..
Lee – Isca Silurum, or an illustrated catalogue of the Museum of
Antiquities at Caerleon, London1862, p. 71, 72 & 107, pl. XXXVII, fig. 3
alias
Gaidoz in Rev. arch. 1884,
t. 2, p. 13 et 1885, t. 2, p. 186 alias
E. & J. WENDLING
– Roues & rouelles à rayons, Châtel-Saint-Germain, 2003, 2ème
partie: Chapitre 219, fig. 3674
Pierre
Ca 1-100 AD
L'une des valves
[71,4 x 63,5 x 14,3 mm] d'un moule bivalve destiné à la coulée de 2 rouelles à
8 rais et d'une rouelle à 11 rais de 21 à 23 mm de diamètre. Noter l'entonnoir de coulée au haut des valves.
Provenance: fouilles
d'une villa d'Isca Silurum, à présent Caerleon (Wales County of Monmouth)
Conservée, non plus
au Musée de Caerleon mais, en 1996, au
National Museum of Wales [= Pays de Galles], Cardiff (Inv. N°31.78)
¤ EJW …..
Chevillot & Moissat –
Des fileuses, des fusaïoles en plomb et des pseudo-monnaies gauloises in
Documents d'archéologie et d'Histoire Périgourdines, t. 9, 1994, p. 89-104,
fig. 6 / 2 alias
E. & J. Wendling –
Anneaux, fusaïoles, perles et disques, CD, 2400 figures, Châtel-Saint-Germain
2002, fig. N°1923
Calcaire
sub-lithographique
Ca 1800-1900 AD
Les
2 faces de l'une des valves (Diamètre: 69 mm) d'un moule bivalve à fusaïoles.
L'Avers et le Revers de la même valve servaient donc à couler des fusaïoles de
2 Types différents:
#
Face de gauche: fusaïole classique à 8 protubérances triangulaires
#
Face de droite: fusaïole moins classique biconique ornée de chevrons pointés
Provenance:
Trouvée en 1990 au lieu-dit Asplat, commune de Saint-Amand-de-Coly (Dordogne)
dans un tas de castine provenant d'une carrière de castine de la région
XLI
/ III
Moules
isolés bivalves en métal
¤ EJW 000..
SENA N°96, 1988,
p.383-384
Plomb
Ca 60 BC
Valve d'Avers en plomb [Température de fusion: 327° Celsius] (avec
canal de coulée) du moule bivalve de Châteauneuf-lez-Martigues (FRANCE,
Bouches-du-Rhône) pour couler de fausses Drachmes massaliètes, forcément en
étain [Température de fusion: 232° Celsius] de Type Dep Mars 37. Localisation
actuelle inconnue.
Longueur: 9,55 cm. Il subsiste 3 "pions de centrage" en
fer pour assurer la correspondance rigoureuse entre les 2 valves du moule.
¤ EJW 000..
SENA N°96, 1988,
p.385-386
Bronze
Ca 60 BC
Les 2 valves en bronze (avec canal de coulée) du moule bivalve de
Vitrolles (France, Bouches-du-Rhône) pour couler de fausses drachmes
massaliètes de Type Dep Mars 55. Localisation actuelle inconnue. Longueur
totale: 6,3 cm (notre dessin n'est qu'une vue partielle). Noter les 4 trous pour
4 "pions de centrage".
¤ EJW …..
Collin – A propos de
roues, de rouelles……. et de fusaïoles in Bulletin N°2 de l'Association
"Vivre à Andard", 1983, p. 13-29 alias
E. & J. Wendling –
Anneaux, fusaïoles, perles et disques, CD, 2400 figures, Châtel-Saint-Germain
2002, fig. N°1924
Fer
Ca 1800-1900 AD
Les 2 valves d'un moule bivalve servant à la coulée d'une
fusaïole, autre Type d'objet monétiforme [datant la plupart du temps des années
1800-1900 AD bien que souvent vendu comme "pré-monnaie celte"]. La
tige en bois [Longueur: 105 mm] qui maintient les 2 valves en fer [33 x 40 mm]
est légèrement tronconique. Noter l'entonnoir de coulée au haut des valves.
Provenance: une vieille masure abandonnée à Escamps (Lot)
Moule isolé
bivalve en bois
Selon
SCHEERS (GB p. 214), les empreintes observées sur certains exemplaires de
potins britanniques sont dues d'après EVANS à lp'emploi de moules en bois dont
les fibres auraient laissé des traces sur les monnaies.. Cette opinion fut
rejetée par THOMPSON selon lequel le bois aurait été calciné par la chaleur de
l'alliage fondu durant la coulée. Selon THOMPSON, ce sont les potins modèles,
les patrices, qui auraient été en bois et qui auraient laissé des traces au
moment d'être pressé dans l'argile ou dans le sable. Hypothèse tout à fait
plausible. Mais cela n'empêche qu'il a bel et bien existé des moules en bois
pour couler des fusaïoles.
¤ EJW …..
Daleau – Un moule moderne
à fusaïoles in Bull. Soc. Arch. de Bordeaux, t. 35, 1913, p. 134-139, pl. VII,
fig. 1 à 5 alias
Chevillot & Moissat –
Des fileuses, des fusaïoles en plomb et des pseudo-monnaies gauloises in
Documents d'archéologie et d'Histoire Périgourdines, t. 9, 1994, p. 89-1054,
fig. 5 alias
E. & J. Wendling –
Anneaux, fusaïoles, perles et disques, CD, 2400 figures, Châtel-Saint-Germain
2002, fig. N°1914
Bois de châtaignier
Moule
bivalve pour la coulée d'une fusaïole.
Chaque valve: ca 50 x 30 x 11 mm. Noter
au haut l'entonnoir de coulée. La cheville pointue avec cran d'arrêt: ca 116 mm
de long. L'empreinte de la fusaïole fut taillée dans le bois au couteau. Ce
moule en bois se carbonisant progressivement, il ne pouvait servir qu'à une
production limitée.
Provenance
Lieu-dit Monteil, commune de Calviac (Dordogne) où il était en usage jusqu'en
1906 AD.
Probablement
conservé au Musée d'Aquitaine à Bordeaux.
XLI
/ V
Moules
isolés bivalves en terre cuite
¤ EJW 000..
Terre cuite
Ca
Valve de
Revers en terre cuite (avec canal de coulée) du moule bivalve du Magdalensberg
(AUTRICHE, Carinthie) destiné à couler de fausses pièces d'argent des Norici
Occidentaux ("West-Noriker") (cf. Chap. VIII). Peut-être présentement
conservé au Musée de Klagenfurth, Carinthie.
¤
Moules bivalves en terre cuite destinés à la coulée de monnaies impériales
romaines
Ca
200-360 AD
Extrait du site internet: www.sacra-moneta.com:
"Dans quelques pages très richement documentées
parues dans son « Traité des monnaies romaines », (tome I, col. 954 et suiv.)
BABELON…..parle d'abord des monnaies romaines coulées (et non frappées) dont la
fabrication se multiplie à partir du règne de Septime Sévère. Il expose ensuite
les nombreuses découvertes de moules en terre cuite qui ont été faites jusqu'à
son époque (et on pourrait rajouter que de nouvelles découvertes d'ateliers
monétaires romains clandestins ou semi officiels ont été faites récemment).
BABELON présente la technique de fabrication de ces monnaies coulées, puis il
pose la question des origines de ce type de monnayage : s'agit-il de monnaies
officielles ou de fausses monnaies ? De son point de vue ces ateliers ont été
voulus par l'Etat; mais le faux monnayage, en prenant pour modèle les mauvaises
monnaies produites par l'Etat, s'est aussi multiplié. On sait que l'Empire
Romain a failli disparaître vers 260 AD. Des réformes ont été entreprises
[notamment par Aurélien (270-275 AD) et
Dioclétien (284-305 AD)] mais la sévère législation du IV ème siècle
semble montrer que le problème des faux monnayages ou des monnayages privés
n'était toujours pas complètement résolu……
A partir de Septime Sévère (193-211 AD), dans la
série romaine on peut dire que la plupart des pièces de bas billon sont
coulées. Il semble comme le dit MOMMSEN, qu'au III ème siècle, par économie,
l'usage de couler les monnaies de billon fut adopté dans une partie des
ateliers provinciaux (note 2 : MOMMSEN -
Monnaies romaines, tome III, pp. 14-15). Cette déplorable coutume
persista d'une manière plus ou moins générale jusqu'à la restauration de la
monnaie d'argent par Dioclétien (284-305 AD). Le champ des pièces produites par
ce procédé est granulé, presque poreux, les types et les légendes sont empâtés,
les bords portent des traces de bavures.
Par application du principe dont nous avons parlé, il devint dès lors facile et
lucratif pour les faussaires de fabriquer des pièces analogues à celles de
l'Etat. Dès les premières années du III ème siècle, une foule innombrable d'
"insdustriels" se mirent à couler des pièces de bas aloi pareilles à
celles de l'Etat, et c'est en vain que des lois furent édictées pour interdire
ce monnayage privé, qui n'était ni plus ni moins mauvais que le monnayage
officiel.
"A partir de l'époque de Septime Sévère (193-211 AD), dit MOMMSEN, nous
voyons les lois interdire sévèrement les contrefaçons coulées de ces pièces de
billon. Il n'est guère possible de constater la part que l'Etat et celle que
des particuliers ont prise à la fabrication des monnaies coulées"".
Cette question des monnaies de billon coulées, au III me siècle, nous conduit
tout naturellement à étudier les nombreux moules en terre cuite qu'on a
découverts dans des localités diverses de la Gaule, sur les bords du Rhin, en
Angleterre, en Suisse, en sse-Autriche et en Tunisie.
Le premier, LE POIS, dès 1579, attira l'attention sur une trouvaille, faite à
Lyon, sur la colline de Fourvières, qui avait mis au jour des moules de
monnaies de Septime Sévère (193-211 AD) et de quelques-uns de ses successeurs
(cf. Antoine LE POIS – "Discours sur les médailles et gravures
antiques", Paris, 1579, in-4°). Vers 1697, puis en 1706, on découvrit des
moules du même genre et se rapportant à des monnaies de la même époque à
Lingwell Gate, près Wakefield en Angleterre (Numismatic Journal, tome II, p.58
et 195; Numismatic Chronicle, tome I, p. 161; Archéologia, t. XIV, p.99). En
1704, le MéNESTRIER signala une nouvelle trouvaille de moules, faite à Lyon peu
auparavant (cf. « Mémoires de Trévoux », 1704, juillet, p. 1213). Il y eut
encore, par la suite, dans la même ville d'autres découvertes analogues qui
provoquèrent la dissertation de MAHUDEL intitulée : « Observations sur l'usage
de quelques moules antiques de monnaies romaines, découverts à Lyon » (Mémoires
de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, tome III, 1746, pp. 209 et
218). En 1764, HARSCHER signala des moules analogues qu'il venait de découvrir
à Augst, près de Bâle, et les collectionneurs du XVIIIème siècle, comme le
Comte de CAYLUS et MICHELET d'EENNERY s'empressèrent de placer dans leurs
médailliers ces curieux monuments.
Dans le cours du XIX ème siècle, l'attention des chercheurs ayant été stimulée,
on signala un très grand nombre de ces moules et il en existe des échantillons
non seulement au Cabinet des Médailles, mais aux musées de Saint-Germain, de
Rouen, de Nantes, de Boulogne, d'Orléans, de Bar, de Toul, de Cologne, de Bonn
et d'autres villes de la France et de la région rhénane. La trouvaille la plus
intéressante qui ait été faite, est celle de Damery (Marne)….. Enumérons
encore, sans chercher à être complet: les trouvailles faites en Angleterre, en 1820
et 1830, près de Wakefield, et en 1869 ainsi qu'à Duston près de Northampton
/ la grande trouvaille de Bernard
(Vendée) en 1859 / celle de Bordeaux faite en 1884 dans les ruines d'un atelier
de potier (cf. LAFAYE in Bulletin de la Société des Antiquaires de France,
1899, p. 193 et 283) / celles, plus récentes, d'Autun et de la Coulonche.
Comme on a prétendu qu'il
n'avait pas été fait de découverte de moules monétaires en terre cuite, en
dehors de la Gaule et de la Grande-Bretagne, il n'est pas superflu de dire
qu'ECKHEL en a signalé une en Basse Autriche, et qu'en 1899, des travaux de
voirie à Sousse (Tunisie) ont mis au jour un lot de 34 moules du même genre (
cf. GAUKLER in Bulletin de la Société des Antiquaires de France, 1899, p. 368).
Fait important à signaler: l'examen détaillé des découvertes démontre que la
plupart de ces moules de monnaies romaines, se rapportent à une période
comprise entre Septime Sévère (193-211 AD) et Dioclétien (284-305 AD); le plus
grand nombre sont de l'époque de Caracalla (211-217 AD) et d'Elagabale (218-222
AD). Exceptionnellement, quelques-uns reproduisent des pièces qui remontent
jusqu'à Domitien (81-96 AD) et Trajan (98-117 AD); après Dioclétien (284-305
AD), jusqu'à Constance II (337-361 AD), on en rencontre encore, mais en petit
nombre; puis ils disparaissent sans retour…..".
¤
Moule de Lyon
Terre
cuite
Ca
200-360 AD
Le Cabinet des Médailles possède un curieux monument (cf.
EJW ….. ) Il a été trouvé à Lyon vers 1704, et après avoir été signalé par le
MENESTRIER, il est entré dans la collection du Comte de CAYLUS avec laquelle il
a passé dans le Cabinet du Roi.
C'est un auget en terre cuite dont le fond est
hémicylindrique; 8 disques en argile cuite y sont maintenus en place par une
ligature en fil de fer et lutés avec de la terre, maintenant en poussière.
CAYLUS raconte que voulant éprouver si ce petit appareil pouvait encore être
utilisé, il y fit couler 7 monnaies, comme on a dû le faire dans l'Antiquité :
il fabriqua ainsi des pièces aux effigies de Julia Domna (193-217 AD), de Géta
(211-212 AD), de Caracalla (211-217 AD) et de Julia Maesa (218-226 AD).
Dans la trouvaille de Sousse, les rondelles en argile cuite étaient empilées
dans un tube en bronze échancré sur toute sa longueur pour permettre la coulée
du métal.
¤
EJW …..
Moule
de Damery
Hiver
– "Notice sur un atelier monétaire découvert à Damery (Marne) en 1830 in RN 1837, p. 171-180, pl. VI alias
Terre cuite
Ca 200-341 AD [HIVER
fixe en effet la destruction par le feu de l'atelier de Damery à 341 AD]
Selon HIVER,
"Pendant l'hiver de 1829 à 1830, des fouilles faites dans une portion fort
petite de l'emplacement du parc de l'ancien château de Damery (Marne), bourg
près d'Epernay, bâti sur les ruines de Bibé, première station sur la voie
militaire de Reims à Beauvais, firent découvrir à une profondeur de quelques
pieds, sous un amas de cendres, de charbons et de tuiles,les débris de vastes
constructions rasées par un incendie, ayant servi notamment à des thermes et à
un atelier monétaire. Dans des pièces qui se touchoient, on trouva en peu de
temps plusieurs vases remplis de monnoies….. découverte dans une pièce voisine
d'un atelier monétaire en pleine activité.
Là, sous un amas de cendres et de tuiles, on
trouva tout à la fois des cisailles et des débris d'autres instruments en fer,
propres à la fabrication des monnoies, et plusieurs groupes de moules en terre
cuite renfermant encore les pièces qui y avoient été coulées, et le lingot
formé par le métal surabondant…….
…(Ces moules) avoient
été moulés sur les monnoies qu'ils étoient destinés à reproduire, en serrant
les pièces modèles entre des disques d'argile pétrie d'un diamètre plus grand
de manière à former rebords, et placés les uns au-dessus des autres, de façon
qu'à l'exception du premier et du dernier [cf. fig. EJW …..: les disques
d'argile N°1 et 13], ils reçussent sur chaque face l'empreinte de l'Avers et du
Revers d'une pièce [cf. fig. EJW …..: les disques d'argile N°2 à 12].
Le creux et les
empreintes obtenues par ce procédé aussi exact que facile, les disques servant
de moules étoient entaillés pour que la matière en fusion put y pénétrer, puis
durcis au feu, replacés les uns au-dessus des autres dans le sens des
entailles, et da,s le même ordre que lors du moulage, et enfin lutés avec de la
glaise, de façon à former un cylindre ou un rouleau…Mais une dernière opération
…précédoit le coulage. Les rouleaux de moules étoient réunis par groupes de 3,
et placés à côté les uns des autres, de façon que les entailles pratiquées pour
l'introduction de la matière se trouvassent toutes dans le vide intérieur,
lequel alors servoit d'entonnoir pour la verser.
Telle étoit la
disposition matérielle des groupes de moules, découverts dans les ruines de
Bibé; elle est reproduite avec la plus grande exactitude sur la planche
VI"
EJW …..[Vue en
perspective à gauche; coupe au centre]
"Le lingot qu'on
y a dessiné (En 1837, "Ce lingot est dans le cabinet de M. HIVER")
[cf. fig. EJW ….. le dessin de droite; cf. aussi EJW …..: coupe du lingot alias
de l'entonnoir de coulée] est l'un de
ceux formés par le métal surabondant dans le vide destiné à servir d'entonnoir.
Les 3 lignes de 12 pointes chacune dont il est hérissé, correspondent aux
entailles du pareil nombre de moules dont chaque rouleau étoit composé.
Ainsi chaque rouleau
ou cylindre présentoit 12 moules formés par la réunion de 13 disques d'argile
[cf. fig. EJW …..: les disques N° 1 à 13], dont 2 n'avoient d'empreinte que sur une face [cf. fig. EJW …..: les
disques N° 1 et 13; cf. aussi la fig. EJW …..]; 3 de ces rouleaux [cf. EJW …..:
3 disques d'argile disposés en triangle] composoient un groupe de moules, et
par conséquent on couloit à la fois 36 pièces….Il n'est pas douteux que ces
moules….ne servissent plusieurs fois; il suffisoit d'un peu de soin pour en
extraire les pièces sans briser les moules……
32 moules seulement
ont été recueillis intacts dans les ruines de l'atelier monétaire de Bibé;
c'est à peine la dixième partie du nombre total".
Certains de ces
moules renfermait encore les moulages postumes aux Types de Caracalla (211-217
AD), de Philippe (244-249 AD) et de Postule (258-268 AD) qui y avaient été
coulées. Dans l'atelier de Damery, on découvrit quelque 2000 pièces en argent
réalisées grâce à des moules de ce Type!
¤ Pas de fig.
ABT p. 57, Note 3
Vers 1867, on
recueillit au Châté de Boviolles (Meuse), l'un des ateliers producteurs de
potins dits leuques des moules en terre cuite portant les Types des pièces au
sanglier des Leuci. Mais on n'en a jamais publié de description précise et ils
semblent présentement perdus. S'agissait-il de disques isolés ou au contraire
de moules en chapelet (voir ci-dessous)?
XLI
/ VI
Moule
"en arbre" bivalve en bronze
¤ EJW ……
Montelius - … Italie
centrale…, Stockholm 1910, Sie B, p. 763 et pl. 159, fig. 20 a, b et c alias
E. & J. Wendling –
Anneaux, fusaïoles, perles et disques, CD, 2400 figures, Châtel-Saint-Germain
2002, fig. N°1897
Bronze
Ca 900-500 BC?
Les
2 valves d'un moule "en arbre" (47 x 116 mm) destiné à couler
15anneaux d'environ 1 cm de diamètre.
Provenance:
Vetta Marina, commune de Sirolo, province d'Ancône (ITALIE)
Conservée
au Musée préhistorique de Rome
XLI
/ VII
Moules
"en arbre" bivalves en pierre
¤ EJW …..
Gross – Les
Protohelvètes…, Berlin 1883, p. 59, pl. XXX, N°6 alias
E. & J. Wendling –
Anneaux, fusaïoles, perles et disques, CD, 2400 figures, Châtel-Saint-Germain
2002, fig. N°1899
Molasse alias grès
molassique
Ca 880-850 BC?
Une
des valves (136 x 285 mm) d'un moule bivalve. La face représentée servait à
couler, de gauche à droite, 2 petits ciseaux, 2 couteaux et 27 anneaux
d'environ 11 à 12 mm de diamètre. La face arrière non représentée servait à
couler une grande hache à ailerons et à boucle de suspension.
Provenance:
Palafite d'Auvernier (SUISSE)
¤ EJW …..
Daremberg &
Saglio – Dict. des antiquités gr. et romaines, t. 2 (2ème partie),
Paris 1896, p. 1246-1247, fig. 3186 alias
E. & J. WENDLING
– Roues & rouelles à rayons, Châtel-Saint-Germain, 2003, 2ème
partie: Chapitre 219, fig. 3822
Pierre
Ca
L'une des valves (Dimensions
inconnues) d'un moule bivalve destiné à couler, à gauche, des jetons comportant
une Fortune et, à droite, des boutons (?)
Particularité: on
n'observe qu'une rigole centrale mais pas de rigoles latérales sans dote parce
que ces dernières n'existaient que sur l'autre valve. Les 2 valves étaient
assujetties par 2 chevilles insérées dans les 2 trous (en haut à gauche et en
bas à droite).
Sans provenance
connue. Au Louvre (en tout cas en 1896).
XLI
/ VIII
Moules
"en arbre et en chapelet" bivalves en terre cuite
¤ Pas de fig.
Lane-Poole – Catalogue of Oriental Coins in the British Museum, X
(Additions, 1890, p. 50, N°338 h alias
Sch GB p. 214, fig.
26
Les 2 valves d'un
moule bivalve en terre cuite "en arbre" [conservé au Britisch Museum]
destiné à couler des fulus marocains datés de 1261 selon l'Hégire (alias 1845
AD). Par "extrapolation", on a imaginé des reconstitutions de moules
de ce genre.
¤ EJW …..
Rudd in List 81,
2005, page de couverture
Reconstitution d'un
moule bivalve "en arbre" destiné à la coulée de potins de Type J-L
des Cantii (LT 9538; cf. Chapitre XLII).
¤ EJW …..
Une reconstitution
personnelle de moule bivalve "en arbre"
Reconstitution d'un
moule destiné à la coulée de potins dits des Leuci, moule de 12 empreintes en 3
chapelets de 4 empreintes.
¤ EJW …..
Reconstitution
personnelle du produit de la coulée avec tous ses tenons et le lingot dû au
trop plein de métal dans l'entonnoir de coulée"
A l'aide de ce moule
reconstitué, on obtenait à chaque coulée 12 potins:
# 3 potins [les 3
potins terminaux] avec une seule attaque
# 2 potins [le 1er
du haut à gauche et le premier du haut à droite] avec 2 attaques selon 2 axes
différents
# 7 potins avec 2
attaques dans le même axe
¤ EJW …..
Lambot & Delestrée in Bull. Soc. Archéol. champenoise; t. 85, 1992, p. 67 à 79
Un tel moule bivalve
explique que si les 2 valves sont mal plaquées l'une contre l'autre au moment
de la coulée, on obtienne des "Potins décalés".
Le très bel
exemplaire reproduit est de Type BN 8128 B alias Sch Lyon 1030 provenant de
"La Warde" à Acy-Romance (Ardennes).
La photo d'un très bel
autre exemplaire décalé figure dans Burkhardt et alii (Keltische Münzen aus
Basel, 1994, p. 56, fig. 71) et est
présentement conservé au HMB (Mistorisches Museum Basel).
¤ EJW …..
Un potin dit des
Leuci de Type BN 9044-9153 conservé dans la collection de la Cour d'Or (alias
aux Musées de Metz)
Nous n'avons jamais
vu qu'un seul potin décalé et, de surcroît "radié": de ce genre: ces
"stries rayonnantes" sont la preuve de l'existence d'évents tels que
nous les avons faits figurer sur les fig. EJW ….. et EJW …..
¤ EJW …..
Gallia 1983, p. 250-251
Une vingtaine de
fragments de moules en terre cuite destinés à la coulée de potins de Type BN
7859-7860 fut trouvée, en pays suessione, à Senlis [Eglise Saint-Pierre]
(Oise). Sur 2 fragments contigus, on voit 3 empreintes d'Avers. Il semble donc
s'être agi d'un moule bivalve "en chapelet". Mais il est hélas
impossible avec ces 2 fragments seuls
d'extrapoler la
"disposition des grains du chapelet".
XLI
/ IX
Moules
bivalves en sable alias Châssis en sable
¤ EJW …..
Burkhardt et alii – Keltische Münzen aus Basel, 1994, p. 61, fig. 76
Burkhardt – Quantitative Methoden zur keltischen Numismatik... Berne 1998,
p. 58, fig. 58
Cette reconstitution
de moule "en chapelet" bivalve en sable sans évents n'est, à lire les
expériences de l'Abbé ROCHON et à voir les planches de l' Encyclopédie de
DIDEROT & d'ALEMBERT qui suivent, qu'un reflet très imparfait de la
technique réelle.
Même commentaire pour
la "reconstitution améliorée ("Verbesserter
Rekonstruktionsversuch") avec évents.
¤ EJW …..
Diderot &
d'Alembert – L'Encyclopédie / Recueil de planches, 1751
Les ustensiles du
"mouleur en sable"
Toutes les figures
sont à l'échelle indiquée au bas de la planche c'est-à-dire 1 mm pour 14,8 mm
sauf les figures 3, 4, 5, 7 et 9 qui sont à l'échelle 1 mm pour 24,4 mm.
Rappel: 1 pied
français = 12 pouces français = 32,47339 cm
Fig. 1: Caisse à (alias au) sable sur pieds
c'est-à-dire coffre en bois non couvert de 1,30 m (4 pieds) de long, 0,65 m (2
pieds) de large et 27,1 cm (10 pouces) de profondeur
Fig. 2: Un ais (= planche de bois) et un châssis
de dessous en bois posés sur la caisse
Fig. 3: Caisse à sable (autre modèle)
Fig. 4: Pelle en bois à remuer le sable: A - la
pelle / B - le manche
Fig. 5: Racloir métallique pour racler le sable
au fond de la caisse à sable: A – le racloir / B – le manche
Fig. 6: Rouleau en bois pour "corroyer"
le sable: Longueur 64,9 cm (2 pieds) / Diamètre: 5,4 cm (2 pouces)
Fig. 7: Petite batte en bois: A – la batte / B –
le manche
Fig. 8: Petite batte (autre modèle)
Fig. 9: Grande batte en bois: A – la batte / B –
le manche
Fig.10: Cogneux (=
cylindre de bois): Longueur 10,8 à 13,5 cm (4 à 5 pouces) / Diamètre: 2,7 cm (1
pouce)
Fig.11: Racloir
métallique pour dresser le sable à l'affleurement des châssis
Fig.12: Ais de
mouleur alias planche à moule représenté en perspective
Fig.13: Le châssis
(en bois) de dessous (en perspective) avec
- ses 3 trous (au milieu de la barre du haut et sur les 2
barres latérales) destinés à
l'introduction des 3 chevilles en bois du contre-châssis
- le "jet du
moule" (au milieu de la barre du bois)
Fig.14: Le
contre-châssis du moule alias châssis de dessus (en perspective) avec ses 3
chevilles et le "jet du moule"
Dimensions d'un
châssis ou d'un contre-châssis:
Longueur: 64,9 cm (2
pieds) / Largeur: 48,7 cm (1,5 pieds) / Profondeur: 2,7 cm (1 pouce)
Fig.15:
"Tranche" métallique (sorte de couteau plat en fer
Fig.16:
"Nouet" (= sac en toile ou linge noué d'une ficelle dans lequel on
met quelque substance)
Fig.17: Maillet
¤ EJW …..
Diderot &
d'Alembert – L'Encyclopédie / Recueil de planches, 1751
La technique du
"mouleur en sable"
Toutes les figures
sont à l'échelle indiquée au bas de la planche c'est-à-dire 1 mm pour 14,8 mm
sauf les figures 1, 6, 7, 8 et 9 qui sont à l'échelle 1 mm pour 24,4 mm.
Rappel: 1 pied
français = 12 pouces français = 32,47339 cm
Fig. 1: 2 modèles (Dans le
cas de la figure de d'ALEMBERT, il s'agit de 2 lames parallélépipédiques en cuivre ou en bois destinées à la
réalisation par coulée de 2 lames d'or destinées à être débitées en flansb
destinés à la frappe de doubles louis)
Fig. 2: Le châssis de dessous (en plan) posé
"tête en bas" sur un ais. En son intérieur, on a posé 5 modèles. Il
reste à y poser les modèles de jets.
Fig. 3: Le châssis de dessous [avant
retournement] (en plan) entièrement
rempli de sable / une batte ayant servi à tasser le sable
Fig. 4: Le châssis de dessus (vue perspective)
retourné a été coiffé du contre-châssis alias châssis de dessus. Ce dernier a
été entièrement rempli de sable et arasé avec le racloir
Fig. 5: Le contre-châssis a été soulevé de
manière à laisser apparaître le châssis de dessous (en plan) avec l'empreinte
des modèles (lames et jets)
Fig. 6: 2 coins (pas monétaires évidemment) de
bois
Fig. 7: Serre-châssis (alias
"fort-châssis") en bois servant de presse
Fig. 8: 4 moules constitués par 4 châssis et 4
contre-châssis montés et serrés, après séchage, avec des coins dans 2 serres: A
– l'ais terminal / B – les serres / C – les coins
Fig. 9: Presse en bois: A – le plateau d'en-bas /
B – le plateau mobile / C – les vis / D – les écrous
Fig.10: Presse
enserrant un ensemble de 4 moules (4 châssis et 4 contre-châssis) préalablement
séchés
¤ Pas de fig.
L'Abbé Rochon -
Aperçu présenté au Comité des monnoies de l'Assemblée Nationale, Des avantages
qui peuvent résulter de la conversion du métal de cloches en monnoie moulée……,
Paris, [1791], p. 17
L'Abbé Rochon –
Compte-rendu des expériences qui ont été faites sur la monnoie coulée et moulée
en métal de cloches, pour servir de suite à l'Aperçu qui précède, Paris, 1791,
p. 10 à 14
L'Abbé Rochon – Essai
sur les monnoies anciennes et modernes, Paris, 1792, p. 51 à 54
La technique
détaillée du "mouleur en sable" de monnaies
Réalisation des
châssis, nom donné par les "mouleurs en sable" tout à la fois au
moule et au contre-moule: l'ensemble des 2 valves "moule +
contre-moule" est appelé un double-châssis.
Le sable propre au
moulage est un mélange de sable fin et d'une terre argileuse. Presque partout
on peut s'en procurer de factice lorsqu'il ne s'en trouve pas de naturel. Il
faut que le sable ait assez de consistance
pour retenir la forme des modèles: celui qui n'aurait pas cette
propriété, peut l'acquérir, en le faisant rôtir au feu et cette préparation lui
donne toujours l'avantage de ne pas éprouver de retrait par l'effet de la
chaleur.
Le sable étant de la
qualité requise, on le corroie avec des rouleaux de bois dans de grandes
caisses qui doivent avoir 195 cm (6 pieds) de long sur 65 cm (2 pieds) de large
et la profondeur de 32 cm (1pied).
Corroyé et réduit en
poudre fine, on le mêle toujours avec des sables qui ont déjà été employés.
cette précaution est utile pour éviter l'effet du retrait d'un sable neuf qui a
toujours, quelque parfait qu'il puisse être, un peu de mouvement.
Avant de s'en servir,
le mouleur doit avoir préparé son modèle sur une couche de plâtre que l'on
nomme couche matrice.
Pour former
les couches matrices en plâtre, il faut poser un châssis de bois ou de fonte
sur un marbre bien dressé; il faut ensuite disposer dans son intérieur et sur
le même marbre, les pièces que l'on doit modeler. Toutes ces pièces doivent
être liées les unes aux autres par des lames destinées à former ces rigoles de
communication entre tous les moules qui sont renfermés et compris dans le même
châssis. La meilleure disposition des rigoles qui aboutissent toutes au jet
principal, ne s'acquiert que par l'expérience. Cette disposition exécutée avec
soin, on verse dans l'intérieur du châssis une couche de plâtre très fin. Le
retrait du plâtre fin étant considérable, cette couche ne doit avoir que
l'épaisseur exactement nécessaire pour bien envelopper et recouvrir les pièces qui servent de
modèles. On doit même, pour empêcher cet effet, verser une seconde couche d'un
plâtre grossier, presque éteint et mêlé de sable, à l'instant où la première
couche est prise. Cette seconde couche étant beaucoup plus épaisse que la
première la consolide et "retient jusqu'à un certain point l'activité du
plâtre fin qui la compose". On enduit encore d'huile siccative bouillante
la surface de la couche matrice afin de donner au plâtre un grand degré de poli
et de dureté.
En fait, il
y a donc 2 couches qui supportent les matrices des monnaies et des jets.
"Une seule couche de plâtre a prouvé combien ce procédé était expéditif;
mais il en faut 2 pour obtenir le plus grand degré de célérité".
On doit
observer que si le plâtre bien imbibé d'huile siccative n'était pas assez dur
pour former les couches, on pourrait lui substituer une composition de souffre
et de molybdène (en 1791, il s'agit de la molybdène alias plumbago,
plombagine, mine de plomb, crayon noir: en fait du graphite; rien à voir donc
avec le molybdène actuel) ou d'ardoise pulvérisé. Cette composition est
très solide; elle n'est point poreuse, le sable ne s'y attache pas.
C'est sur
ces 2 couches dans lesquelles les matrices des monnaies et les jets sont
incrustés de manière que l'une représente le Revers de l'autre , que les
ouvriers opèrent séparément le moulage de leur châssis.
Cette
méthode réduit à un petit nombre de mouleurs intelligents l'opération du
moulage parce qu'il ne faut presque plus d'adresse et d'habitude pour former un
moule sur des couches dures ainsi disposées, surtout lorsqu'on substitue à la
pression inégale des doigts, la pression toujours égale d'une presse à
rouleur".
Le mouleur
sèche d'abord la couche matrice avec du poussier de charbon enfermé dans un sac
de toile afin d'absorber l'humidité qui pourrait y être attaché. Il dissipe
ensuite avec un soufflet le superflu de ce poussier. On place enfin sur la
couche matrice ainsi disposée un châssis de bois qu'on remplit d'une couche de
sable corroyé, en pressant ce sable de toutes parts avec les doigts, de manière
qu'il prenne bien exactement l'empreinte de son modèle. Cette première couche
de sable ne doit pas être très épaisse; elle est ensuite recouverte d'un sable
plus grossier et plus humide. On bat encore cette couche avec des maillets de
bois puis avec des battes longues et larges qui, en parcourant avec célérité
l'étendue de la couche, en lient les parties, les repoussent dans les rainures
et en assurent la solidité. Ce qui excède la surface du châssis est enlevé avec
un racloir. On lève alors le moule et on le saupoudre avec une terre glaise
bien pulvérisée. Ce ponsif (car c'est le nom qu'on donne à ce poussier)
s'introduit par sa finesse dans les pores du moule et en unit toutes les
parties.
On reporte
ensuite ce moule sur la couche matrice après l'avoir séchée en la saupoudrant
de poussier de charbon et après l'avoir nettoyée avec le vent d'un soufflet
(opération qui se renouvelle toutes les fois qu'on déplace le moule ou qu'on le
replace). On bat de nouveau le moule. On le relève ensuite et on le saupoudre
de poussier de charbon dont on dissipe l'excédent au moyen du vent d'un
soufflet. C'est alors que le moule est achevé.
Pour former
le contre-moule, on renverse la couche matrice sur le moule. Les pièces et les
jets s'en détachent par leur pesanteur, tombent dans le moule et servent à
former le contre-moule, lequel étant fini se renverse à son tour sur la couche
matrice et ainsi de suite.
Le moule et le
contre-moule étant finis, il suffit de les bien faire sécher. Dès lors pour
opérer sans interruption, il faut se préparer une avance d'un moulage de 24
heures avant de commencer la fonte.
Cette avance faite,
le moulage et la fonte peuvent marcher sans interruption.
On verse d'un seul
jet la fonte avec sûreté et facilité dans plusieurs moules réunis par une
presse. Il convient de les y poser entre 2 planches, l'une dessus et l'autre
dessous le moule. On retiendra ces moules les uns sur les autres par une
pression égale et convenable.
Chaque
presse contient 5 double-châssis c'est-à-dire 5 moules pour 500 pièces. Ces
presses sont disposées de la manière la plus commode au versement de la matière
en fusion
Il est indispensable
que les 2 châssis qui
forment le moule, se superposent et s'appliquent avec précision, sans quoi
Avers et Revers ne se correspondraient pas parfaitement.
Quant au nombre de
châssis réalisables par un mouleur en une journée, ROCHON se contredit d'un
article à l'autre; il affirme successivement:
# p. 17
du 1er article de ROCHON:
Un
"bon mouleur" peut faire par jour 24 moules , chacun de 100 pièces de
monnaie. Ainsi il fera sans peine 2400 pièces dans la journée.
Soit 2400
pièces en moyenne par homme et par journée de 12 heures (durée de la journée de
travail en 1791!!).
# p. 14 du 2ème article de ROCHON:
Un
"habile mouleur" fait un moule de 100 pièces, composé de la réunion
de 2 châssis, en 15 minutes de temps, soit 48 moules en 12 heures. Ainsi, 2
mouleurs se relevant alternativement et pouvant, par là, travailler 24 heures
sans interruption, feront 96 moules c'est-à-dire 9600 pièces.
Soit 4800
pièces en moyenne par homme et par journée de 12 heures.
Le gouvernement de
l'époque souhaitait faire fabriquer par semaine, pour la France entière, pour 40000 livres de monnaie moulée soit
400000 pièces de 2 sols de 24 deniers tournois. 14 à 28 mouleurs seulement
suffisaient donc à satisfaire cette production massive!.
En 15 minutes, 49 kg
(101 livres) de métal de cloche sont en fusion dans les creusets.
On peut
remplir les 5 moules (d'une presse) d'un seul jet et si chaque moule renferme
100 pièces, l'on obtiendra 500 pièces d'un seul jet..
Avec 2
fourneaux de fusion bien chauffés, animés par le vent d'un soufflet, on
remplit, en moins de 15 minutes, 25 double-châssis soit, à la clé, 2500 pièces!
Pour ce
qui est du temps mis à remplir les double-châssis, ROCHON se contredit à
quelques lignes d'intervalle:
# p. 12
du 2ème article de ROCHON
25
double-châssis en moins de 15 minutes soit un double-châssis en moins de 0,6
minutes
# Note de
la p. 10 du 2ème article de ROCHON:
2
double-châssis en 5 minutes soit 1 double-châssis en 2,5 minutes
# p. 54
du 3ème article de ROCHON:
"chaque
fonte pas plus de 30 minutes": soit, en admettant que chaque fonte
corresponde aux 5 double-châssis d'une presse, 1 double-châssis en moins de 6
minutes
On
observe que par ce procédé, les pièces viennent dans toute leur étendue et n'éprouvent point de retrait sur
elles-mêmes ainsi qu'il arrive dans les moules ordinaires. On note que les
pièces présentent peu de "rebarbe". On note également l'extrême
facilité avec laquelle on les sépare des jets.
Au cours
de la fonte, le déchet en métal se monte à ca 5 %.
Le rebut
est de moins de 6 pièces sur cent: ces rebuts sont exclusivement dus à la
presse qui n'exerce pas une pression bien égale et bien uniforme sur la
totalité des châssis.
Rappel à titre
comparatif: ROCHON signale
# p. 5 de son 1er
article:
un balancier
"bien monté" peut frapper par jour (sans doute de 12 heures) jusqu'à
15000 pièces
# p. 109 de son 3ème
article:
un balancier
"gouverné" par 12 hommes, frappe par jour 1600 marcs de pièces de
"2 sols au faisceau" ( alias de 24 deniers de 10 pièces au marc) soit
16000 pièces:
soit 1333 pièces
en moyenne par homme et par journée de 12 heures.
Ainsi, avec des
cadences de 2400 à 4800 pièces par homme et par jour, le coulage l'emporte sans
conteste sur la frappe. De plus le coulage ne nécessite l'embauche d'aucun
graveur et évite la réalisation délicate de coins. Les modèles servant à la
réalisation des moules que les numismates germanophones appellent des
"patrices", peuvent être réemployés à l'infini.
C'est
certainement ces avantages qui expliquent le recours par les Gaulois à la
coulée pour faire leurs potins. On rappellera à ce sujet un passage de BLANCHET
(ABT p.56): "....dans les moments où ils
disposaient de peu de temps, les Gaulois furent amenés tout naturellement à
couler immédiatement les monnaies et à supprimer ainsi les coins dont la
gravure exigeait de l'habileté et du temps".
XLI / X
Divers
Varia
#
Estimation du "nombre de potins par chapelet"
Combien
de potins étaient fabriqués par fonte de métal?
Comme
l'a montré THIRION (RBN 108, 1962 AD, p.77) pour les potins dits
"au rameau", la présence sur un certain nombre de potins de deux jets
ou tenons de coulée, placés à 180° l'un de l'autre, indique que la fonte était
effectuée dans des moules à alvéoles communicants, placés dans le prolongement
les uns des autres.
THIRION
propose une méthode statistique pour évaluer le nombre d'alvéoles que
pouvait compter un chapelet et
ainsi
parvenir à estimer le nombre de pièces fabriquées
par
fonte de métal.
Il
s'agit simplement de relever le nombre de tenons par potin et à partir du
rapport statistique obtenu de calculer le nombre possible d'alvéoles par
chapelet.
Admettons
que nous soyons en présence de pièces coulées à l'aide d'un moule comportant un
seul chapelet longiligne.
A
titre d'exemple (cf. Gallia 52, 1995 AD, p. 22-23) , l'examen par GEISER
& BARRANDON des tenons de coulée d'environ 150 potins dits "à la
grosse tête" montre que cet échantillon contient
¤
15% d'individus présentant 2 tenons placés à 180° l'un de l'autre c'est-à-dire
diamétralement opposés
¤
85% d'individus ne présentant qu'un seul tenon de coulée
Le chapelet longiligne comportait donc environ [85 / 15] + 1 c'est-à-dire environ 6 à 7 alvéoles. Chaque fonte conduisait donc à autant de potins.
Cette hypothèse n'exclut toutefois pas la possibilité de plusieurs chapelets reliés entre eux sous forme d'arbre.
#
Potins "à double lecture"
Potinmünzen, die auf 2 verschiedene Weisen
"gelesen" werden können
Cast coins legible in 2
different ways
¤ EJW …..
DT II / 2652 et DT II
/ 2652 var.
Sur certains
exemplaires, il semble que
l'Avers seul (DT II /
2652 var. trouvé dans les Bouches-du-Rhône) ou
le Revers seul ou,
conjointement,
l'Avers et le Revers
soient "à double
lecture"
#
Potins-modèles utilisés pour la confection des moules et appelés
"Patrices" par les numismates germanophones
Patrizen
Punches
¤ EJW …..
Burkhardt – Quantitative Methoden zur keltischen Numismatik, Berne, 1998,
p. 57-58, fig. 57
La figure représente
un potin à la grosse tête dit des Sequani dont l'Avers comporte un globule
(indiqué par la flèche) : selon BURKHARDT, une "Potinmünze mit
Patrizenfehler", un "potin à faute de patrice" c'est-à-dire un
potin sorti d'un moule dont la patrice ayant servi pour faire l'empreinte de
l'Avers comportait un défaut: ce globule.
BURKHARDT a relevé
différentes "fautes de patrice"
#
"Entonnoir de coulée"
¤ EJW …..
Burkhardt – Quantitative Methoden zur keltischen Numismatik, Berne, 1998,
p. 58, fig. 55
Lingot en alliage
potin dont la forme prouve à l'évidence l'utilisation de moules bivalves muni
d'un entonnoir de coulée.
Seul exemplaire
recensé
Provenance:
ALLEMAGNE 1
Bade-Wurttemberg 1
Freiburg-im-Breisgau
1 (trouvé en 1992 à la Wallburg Kegelriss, également appelée Bug Ehrenstetten,
un site à 2600 m d'altitude au Sud-Est d'Ehrenstetten , un quartier de la
commune d'Ehrenkirchen)
#
Potins siamois
¤ EJW …..
2 potins de Type BN 7417 qu'on a oublier de séparer à leur
sortie du moule. Seul exemplaire recensé
#
Pennons de coulée alias jets de coulée alias attaques
¤
EJW …..
Rudd,
List 81, 2005, p. 9-10, N°18
Potin de
Type Turnham (Kent)
¤ Forrer
in KN t. 1, fig. 46, 52 et 53
Potins dits de Leuci
#
Ratés de coulée (quelquefois avec pennons) / Missratene Potinmünzen / Cast
failures
¤ EJW …..
Jacquier, Katalog 25, Herbst 2000, N°30
Raté de coulée de
potin de Type LT 8124 pesant 3,38 g et consiféré à tort par JACQUIER comme un ½
potin en raison de son trop petit diamètre (15 mm au lieu de 21 mm
¤ EJW …..
En trait plein un
potin du même Type que le précédent également raté de coulée. En pointillés, restitution du potin complet
¤ EJW …..
Potins de Type BN
6219-6235 alias DT II / 2621-2628 tous trouvés en Eure-et-Loir sans doute à
l'emplacement d'un atelier
Trous
dans les flans (représentés en gris sur nos figures)
¤
EJW …..
Ratés
de coulée provenant du même atelier en Eure-et-Loir
Ce
sont des ratés de coulée munis d'un pennon
¤ EJW …..
Forrer in KN t. 1, fig. 54
Potin dit des Leuci
avec un flan d'épaisseur irrégulière dû à un défaut de coulée
¤ EJW …..
Gallia 1979, p. 305
Potin de Type
7868-7872
Raté de coulée avec
pennon trouvé dans l'atelier même: l'Oppidum sis au lieu-dit Les Grandes Grèves
à Villeneuve-Saint-Germain (Aisne)
#
Débordement du métal dans le plan médian du potin: anomalie due à une
étanchéité imparfaite des 2 valves du moule
¤ EJW …..
Forrer in KN t. 1, fig. 48
Potin dit des Leuci
¤ EJW …..
Monnaies gauloises
découvertes en fouille in Dossier de protohistoire N°1, Ed. Errance, 1987, p.
58
Potin de Type BN 8128
B au Revers à l'équidé
#
Mauvais appariement des 2 valves du moule
Fehlerhafte Schalenkoppelung
Wrong pairing of the 2 valves
of the mould
¤ EJW
…..
Nash
598 alias
"Potin-mule"
formé par appariement des Revers de 2 Types différents de potins
Avers
de Nash 598:
Revers
de potin "au svastika" de Type "BN 6284-6294"
/ Revers de Nash 598:
Revers normal de potin "au long cou" de Type "BMC
(ALLEN) 373"
Provenance: selon NASH
FRANCE 1
Cher 1 (Châteaumeillant)
¤ Van
Arsdell 1414 – 1
Appariement
de 2 valves d'Avers
¤ EJW …..
Ms.
Barthélemy t. 5 f°46
Appariement
de 2 valves de Revers / Seul exemplaire recensé
Poids: 4,72 g /
Provenance: Vendeuil-Caply (Oise)
¤
Potins unifaces / Potins "coulés avec une seule valve"
¤ EJW …..
Auktion 87, Giessener Münzhandlung, Dieter Gorny, München, 2/3/1998, N°8
Potin dit des Leuci
pesant 4,45 g coulé à l'aide d'une valve d'Avers normale et d'une "valve
de Revers" plane rayée (GORNY parle à tort de rayures dues à une lime
(Feilspuren)
¤ EJW …..
Van Arsdell 112-1
Potin dit des Cantii
pesant 1,70 g coulé à l'aide d'une valve d'Avers normale et d'une "valve
de Revers" portant des stries.
Il s'agit de stries
fines formant un angle de 90 degrés les unes avec les autres. On a d'abord
pensé que ces stries provenaient de l'emploi de papyrus (on ne dit pas comment
il aurait été utilisé!) mais il a été prouvé que le motif de ces stries ne
correspondait pas à du papyrus.
On estime à présent
que ce motif est dû à l'utilisation de tissus: ce tissus était certainement
utilisé en lieu et place du plâtre préconisé par ROCHON (cf. ci-devant)
Van ARSDELL rajoute
une remarque curieuse: ces stries peuvent apparaître à l'Avers et au Revers du
potin mais sont normalement plus prononcées sur l'une des 2 faces '("The
striations may appear on both sides but are normally more prononced on one
side"). Nous ne voyons aucune explication!
¤ EJW …..
Trouvé en prospection
Potin de Type LT 7417
var pesant 3,64 g coulé à l'aide d'une "valve d'Avers" plane rayée et
d'une valve de Revers normale
# Potin incus
¤ EJW …..
Le Clert pl. III / 241
Potin dit des
Lingones de Type LT 8329 alias DT III / 3261
Avers:
le Revers usuel incus
(c'est-à-dire le Revers non inversé mais en négatif)
Revers:
le Revers usuel (donc
non incus)
Nous n'avons pas la
moindre idée comment put prendre naissance cet avatar!
#
Potins cassés en 2 pour circuler
In 2 gebrochene Potinmünzen, die Kurs hatten
Cast coins broken in 2 being
current
¤ EJW …..
Forrer in Antiqua
1890, pl. XX / 149 & 150 et 1891, pl. XI / 330
Potins dits des Leuci
cassés en 2
¤ Pas de fig.
BMCC (Allen) 373-378
Il se trouve des
potins dits au long coyu cassés en deux
¤ EJW …..
Potin de Type Bn 7862
coupé en 2
#
Potins marqués à coups de burin (Potins votifs?)
Durch Meisselhiebe verhunzte Potinmünzen
With chisel defaced cast
coins
¤ EJW …..
SENA N°148, 2001, p.
21-22, fig. 2
Potins dits à la tête
diabolique usuellement attribués aux Turones avec 2 coups de burin en croix sur
la joue
¤ EJW …..
DT III / 3093
2 coups de burin
parallèles sur la joue
#
Potins en verre
¤ EJW …..
Hermand in RBN [Revue Belge de Numismatique] 4ème Sie, t. 2, 1864, p. 107 & 166, pl. XVII / 95 alias
ABT p. 44, Note 5
Verre
Ca ?
Avers lisse
/ Cheval galopant à gauche; au-dessus, un croissant et un "segment de rouelle". Bizarrement, ce "segment de rouelle" ne se voit pas sur le dessin publié par HERMAND
Poids inconnu / Diamètre: 15-16 mm
Provenance: selon HERMAND
FRANCE 1
Nord-Pas-de-Calais 1
Pas-de-Calais 1 (Fresnicourt)
Cette pièce en verre
fut découverte en 1851 associée à 2 Bronzes atrébates.
Cf. aussi
DANCOISNE - "A-t-il existé des monnaies en verre chez les Gaulois,
spécialement chez les Gallo-Belges" in Congrès scient. de France, 20ème
Sie, Arras, 1853, t. II, p. 374-377. BLANCHET se montre sceptique: "Quant
à l'existence d'une monnaie de verre chez les Gaulois, conclut-il, elle
reposerait sur une découverte trop imparfaitement connue pour que je puisse
faire fonds de ce qui a été publié à ce sujet".
# Potins faux
Le moulage étant
chose très facile de nos jours [par exemple par la "Méthode de la cire
perdue", il se vend de très nombreux faux potins sur internet!
Ci-après, un faux de
fabrication ancienne:
¤ EJW …..
Pièce coulée pesant
8,48 g en forme de lentilles biconvexe: épaiiseur au centre de la pièce 4,5 mm,
épaisseur en périphérie 1 mm